Amare

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samedi 6 décembre 2014

Remettons-nous dans le contexte...

copyright, C. Henry
Caractères de la liturgie ancienne :

Depuis le Concile de Trente et en réaction contre la Réforme protestante, le culte catholique cherche à être séduisant. Les paroissiens rentrés dans l’église, il faut les retenir. Les évêques insistent sur l’émotion que doit susciter la beauté de la liturgie, l’éclat et la pompe de la cérémonie, qui doit trancher nettement sur la grisaille du quotidien. Un maître de chapelle règle la belle ordonnance des cérémonies, orgue, serpent et chantres (éventuellement instruments d’orchestre) animent le chant grégorien.

Peu de participation des fidèles est souhaitée. Au point de vue des chants, l’ordinaire de la messe et le propre latin sont chantés par des chantres professionnels. Les ornements liturgiques sont taillés dans des tissus précieux ou brodés de fils de soie ou d’or. Le chœur de l’église reçoit des tapisseries, les tentures de velours rouge du trône épiscopal, de la chaire, des baies du fond de l’abside, galonnées, rebrodées au fil d’or. Les luminaires à profusion, les bannières, les dais, les encensements, les diacres et sous-diacres, les enfants de chœur en soutanes rouges à boutons, les chantres en camail, les séminaristes doivent contribuer à la beauté de la cérémonie.

Au XVIIIème siècle, pour assurer les offices paroissiaux, les messes canoniales ou épiscopales, les processions, les saluts du Saint-Sacrement, les vêpres et complies, une cinquantaine de personnes : clercs ou laïcs, sont payés, pour leurs services à la cathédrale de Blois.

L’expression liturgique a évolué au rythme de la vie de l’Eglise. Deux conciles ont notoirement établi des régles concernant la célébration des services liturgiques, l’utilisation des vêtements et des objets utilisés. Le concile de Trente, ou concile de la Contre-Réforme : 1545-1563) demande plus de régularité et plus d’éclat dans le cérémonial liturgique : l’édification des fidèles demande des célébrations démonstratives, l’emploi des plus riches matériaux, au service de décors spectaculaires.

 La période post-tridentine constitue un âge d’or pour les arts religieux. On donne aux meubles, aux vêtements liturgiques, à la musique une valeur démonstrative. Esprit Fléchier, évêque de Lavaur et de Nîmes, écrit en 1696 : « On contribue avec plaisir à la pompe extérieure que l’Eglise fait à Jésus-Christ dans l’Eucharistie, on consacre les temples où il réside, on pare les autels où il repose, on dore les tabernacles où il se cache, on enrichit de perles et de diamants les soleils où il éclate, on revêt d’ornements précieux les moindres des ministres qui le servent. L’or et l’argent brillent dans les lambris, l’aiguille et le pinceau travaillent à l’envi à couvrir richement les murailles qui le renferment…enfin, l’art et la nature, la magnificence et la piété s’unissent ensemble pour former à Jésus Christ comme une espèce de ciel sur terre ».

La Révolution française a détruit une grande partie des textiles liturgiques soit par souci de récupération des galons dorés et argentés, soit par vandalisme (tout le vestiaire de la cathédrale de Blois, comme de celle de Chartres disparait entièrement).La Commission des revenus nationaux a organisé systématiquement la saisie des objets des cathédrales, collégiales, abbatiales, chapelles et églises paroissiales. La reconstitution des vestiaires, principalement, sous la Restauration : 1815-1830, mais qui s’est poursuivie sous la Monarchie de Juillet et le Second-Empire, a été très difficile et coûteuse. On cherchait à établir un climat de fête par la vue, l’ouïe et l’odorat. On cherche à impressionner les fidèles par les sens et l’émotion, dans le but de donner une idée du sacré et donc d’élever l’âme au Paradis. Les fidèles assistent à la liturgie : leur participation passive : par l’écoute et le regard. Active par le chant et la prière silencieuse.

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